L'hommosexualité au moyen age

Introduction

Pour commencer, je vais essayer de définir l'homosexualité, même s'il en existe plusieurs, et que d'une certaine façon, chacun a la sienne.
Je pourrais débuter en disant que l'homosexualité est un choix sexuel, je pourrais aussi dire qu'un homosexuel est une personne qui se livre de façon répétée a des rapports orgasmiques avec une personne du même sexe.
Mais l'homosexualité ne se résume pas en un simple comportement sexuel, c'est un ensemble d'attitudes, de comportements, de préférences, de valorisation, qui engagent profondément l'individu, comme c'est le cas pour l'hétérosexualité.

En fait, par ce travail, j'ai voulu savoir si l'homosexualité n'a jamais été correctement acceptée voire valorisée et connaître les représentations qu'en avaient les individus depuis 600 avant J-C à nos jours.

L'homosexualité dans les sociétés pré-chrétiennes.

Dans les sociétés pré-chétiennes (de 600 av. J-C à 300 ap. J-C) et plus particulièrement en Grèce antique et dans l'Empire Romain, les relations entre personnes de même sexe sont acceptées ou valorisées, mais avec certaines règles.

(Le fait que l'homosexualité soit si bien acceptée découle d'une dévalorisation de la femme qui est généralement limitée à son rôle de procréatrice et qui ne constitue pas une partenaire valable, avec laquelle on peut se lier profondément:Voir Plutarque et son dialogue sur le mariage où il essaie de convaincre ses interlocuteurs qu'il est possible d'avoir une conversation sensée avec une femme... TJ)
On retrouve l'institutionnalisation de l'homosexualité en Grèce dans certaines coutumes ; je vais brièvement en expliquer deux :

*Dans l'antiquité, les hommes adultes recherchaient des jeunes garçons impubères, comme on le voit ici , par exemple, au gymnase.
Les hommes adultes apportaient une protection et certaines connaissances à l'enfant et en " échange ", ils avaient des rapports sexuels.
De plus le fait d'être avec un enfant apportait une certaine notoriété à l'adulte.

*Toujours dans l'antiquité, les jeunes hommes devaient passer une " initiation" .
Cette dernière durait au minimum deux années et était faite par le futur beau-père du jeune homme. Pendant ces années d'initiation, l'initié apprend à chasser, à cultiver et d'autres techniques " propres " aux hommes.
La fin de l'initiation est marquée par la circoncision de l'apprenti.
De ce fait ce dernier et son circonciseur ont des liens très forts et aussi des rapports sexuels où le jeune joue le rôle de la femme.
Quand il aura atteint l'âge adulte il recevra comme épouse la fille de son circonciseur.

En Grèce comme à Rome, le mépris existe malgré tout mais il est réservé à celui qui "fait la femme", qui est passif. C'est souvent le rôle de l'esclave, du plus jeune, du prostitué.

De 300 ap. J-C à la Renaissance.

Au début de cette période, le christianisme devient la religion d'Etat sous Constantin et les relations entre hommes deviennent d'abord un crime contre la dignité humaine, puis un crime contre la nature sous l'influence de saint-Augustin( 354-430) et enfin sous les règnes de Théodose(379-395) et de Justinien (527-565), des lois envoyant les homosexuels au bûcher sont créées.
Au moyen-âge, les homosexuels acquièrent même un nom : les sodomites.
Les condamnations encourues pour ces derniers ont quelque peu changé au cours des temps
A la première condamnation, c'est la castration; à la deuxième c'est l'amputation d'un membre et à la troisième c'est le bûcher ou la potence.
L'Eglise, quant à elle considère, le péché de sodomie et d'adultère comme des péchés de même gravité mais pour le dernier, le prêtre n'a besoin de la permission de personne pour l'absoudre alors que pour la sodomie, il a besoin de l'accord de l'évêque.
L'Eglise prend aussi d'énormes précautions pour éradiquer l'homosexualité dans les milieux monastiques, en faisant notamment dormir les moines dans de grand dortoirs de minimum 10 personnes et en plaçant dans chaque dortoir un ancien qui surveille les autres.
A la Renaissance, les Européens redécouvrent les chefs-d'oeuvre de l'antiquité, ce qui provoque un retournement de situation et l'homosexualité est de nouveau acceptée dans certains pays; cette nouvelle attitude va se répandre grâce au progrès de l'imprimerie. Malheureusement ces idées ne touchent que les hautes classes sociales puisse qu'il n'y a qu'elles qui savent lire et écrire. De plus, le jugement de l'Eglise, encore très puissante, n'a pas changé, comme le montre la gravure ci-contre avec l'exécution de moines sodomites à Bruges en 1578 (source: collections de l'Histoire, n°5, juin 1999, p.62 )

Le 18° et le 19° siècles

Durant ces deux siècles, le monde va être relativement partagé entre les Etats qui améliorent la situation des homosexuels, ceux qui les rendent encore plus stigmatisés et ceux qui ne font rien. Les actions en faveurs des homosexuels sont toutefois majoritaires.
Ainsi certain Etats vont abolir ou adoucir les lois contre l'homosexualité pendant que d'autre vont en créer ou les rendre plus sévères.

Actions diminuant les sanctions ou admettant les homosexuels:
-1798 : après la révolution, Napoléon dépénalise les relations entre personnes de même sexe en France, dans certains Etats d'Allemagne et de Suisse actuelle.
-1813 : la Bavière dépénalise les relations sexuelles entre hommes.
-1848 : en Angleterre, une relative amélioration se dessine puisque la peine de mort pour sodomie est remplacée par une peine de prison a vie.
-1867 : Ulrichs fait le premier " coming-out " en tant qu'acte politique
-1885 : encore en Angleterre, abolition de la prison a vie pour " acte de débauche " et instauration d'une peine maximale de deux ans de travaux forcés.
-1897 : fondation du comité scientifique humanitaire qui lutte contre les discriminations auxquelles sont confrontés les homosexuels.

La réalité reste toutefois difficile à vivre et, en Angleterre, la condamnation d'Oscar Wilde montre bien que la situation est loin d'être acceptée.

Actions discriminatoires:
-1851 : La Prusse introduit le paragraphe 143 du code pénal, qui punit ce qui est encore appelé la débauche contre nature.

Durant cette période, de nombreux ouvrages ont été publié. Ils étaient le plus souvent pour la tolérance envers l'homosexualité ou même pour l'homosexualité, comme Heinrich Hössli auteur de " L'amour entre hommes chez les Grecs " en 1836.

Début du 20°siècle

L'évolution se poursuit et l'homosexualité continue à être de plus en plus acceptée, sauf en Allemagne ou des personnages haut placés sont obligés de démissionner pour " cause d'homosexualité", ce qui va déclencher une grande vague d'homophobie.
De nombreuses personnes se mettent à réfléchir sur le sujet, notamment un Allemand qui publie " les homosexuels de Berlin " où il proclame que l'homosexualité existe dans tous les pays, dans toutes les grandes capitales. Il y a aussi Freud qui publie " les trois essais sur la théorie sexuelle " où il définit l "homosexualité comme une infirmité et plus comme un péché ou une dépravation.
En 1912, André Gide publie " Corydon " où pour la première fois un auteur fait nommément l'apologie de l'amour entre hommes.
En 1917, Lénine dépénalise les actes homosexuels.
En Angleterre, plusieurs personnalités se retrouvent lors de réunion d'étudiants homosexuels.
Il y eut aussi des hommes qui se mobilisèrent pour faire changer les choses comme Hirschfeld qui publia des livres, organisa des réunions et qui enfin récolta 6000 signatures en faveur de l'abolition d'une loi en défaveur de l'homosexualité.
Mais les nazis arrivèrent et ils empêchèrent l'abolition de cette loi.
Ensuite, ils rendèrent les institutions homosexuelles illégales et ils déportèrent des milliers d'homosexuels, les triangles roses, dans leurs camps. Une exposition récente a attiré l'attention sur ces victimes, beaucoup moins médiatisées que les Juifs ou même que les Tsiganes.

D'une manière générale, depuis le début du siècle, l'homosexualité est tolérée ou affirmée dans les milieux artistiques, pour qui la plupart des gens admettent qu'ils peuvent avoir des normes différentes du commun des mortels, cette particularité s'intégrant dans d'autres comportements bizarres ou scandaleux. Encore tout dépend-il de l'image que l'on donne de soi. Rock Hudson, une des premières victimes célèbres du sida, était aussi l'incarnation de la virilité américaine. Cela rendait difficile le "coming out" !

Du milieu du 20°siècle à aujourd'hui

L'après guerre a été beaucoup plus favorable à l'homosexualité, la tolérance commence réellement à se faire sentir envers eux, dans la foulée de la libération sexcuelle qui se déclenche dans tout le monde occidental. et les homosexuels commence enfin à être intégrés. Les lois en faveurs de l'homosexualité s'enchaînent et ce, dans pratiquement tous les pays d'Europe.
En Angleterre et en Allemagne respectivement en 1967 et 1969.
En 1969 création du mouvement de libération gay moderne.
En 1970 a lieu la première gay pride à New York. Ensuite des gay pride sont organisées dans toutes les grandes villes d'Europe.
Un nouveau pas est franchi lorsque certains pays vont instaurer des lois pour que homosexuels puissent cohabiter ensemble et même se marier. La Belgique est entrée dans cette réflexion concrète avec l'actuel gouvernement arc-en-ciel.
Nombreuses sont les lois qui visent à assurer l'intégration sociale et l'égalité de traitement des couples homosexuels. Le dernier point encore fort discuté est celui de l'adoption.

Conclusion
Les homosexuels, après avoir souffert pendant de nombreuses années d'exclusion, commencent enfin à avoir une reconnaissance de la part des Etats et des hétérosexuels.
Ils sont pratiquement acceptés dans toutes les discothèques et dans toutes les professions.
Les gens commencent à perdre leurs stéréotypes et leur a priori et les images de la "folle" ou de la "tapette" s'effacent peu à peu.
Cependant, il reste encore beaucoup d'homophobie institutionnalisé, entre autre au niveau de l'éducation et au niveau de l'enseignement (celui de l'histoire en particulier, où l'élimination des homosexuels par les Nazis n'est jamais étudiée).
De plus, certain pays punissent encore les relations entre personnes de même sexe par des peines de prison( la Bosnie et Chypre par exemple).
Pour finir, je dirais que la tolérance envers les homosexuels est déjà bien établie mais que nous devons encore faire attention (notamment au programme de certains hommes politique) afin que ces idées progressistes ne fassent pas marche arrière.

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